Passage à vide

J’en étais à conclure la saga des Morveux lorsqu’un disque de stockage (externe) a planté (« crashé » qu’on dit ici). Celui qui « héberge » les articles/photos/images du Pavé… Entre autres…

Pas de problème que je me dis, j’ai un disque de sauvegarde de plusieurs téra-octets pour tout l’ordi et disques externes.

Je lance donc l’appli de sauvergarde/restauration/réparation « journalisé » afin de récupérer le contenu du disque DCD (… comme dans DéCéDé…).

Horreur ! L’enfant de p*** de disque n’apparait même pô dans la liste de disques reliés à l’ordi. Même en « remontant » vers d’anciennes sauvegardes.

Ça c’est la catastrophe. Même dans l’Info-nuagique (quelle expression tout de même pour parler de stockage distant) ni vu ni connu.

Il n’a jamais existé.

Le coeur me fend.

Je n’y comprends toujours rien.

Et vous aurez certainement deviné qu’ayant une mémoire fugace (…) tous mes identifiants et mots de passes (et il y en a pour tous les services « domestiques », bancaires et internet) étaient inscrits dans un fichier sur l’Affreux.

… Trop con pour m’en faire une copie papier…

Et c’est très long se refaire une santé numérique

Oui ! Vous pouvez me lancer la première pierre… Par courriel.

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Cata

Panne généralisée. Disques de sauvegarde plantés…

À +

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Mon couronnement

Hé oui. Je fais partie de cette classe, mais pas pour mon « lignage ».

Nan…

Par distraction. Une rencontre, une collision en fait, avec une porte qui n’avait rien à foutre là. Je n’ai pas vu de couronne d’étoiles mais j’ai ressenti une vive douleur au maxillaire (la mâchoire supérieure, quoi).

En farfouillant de la langue, j’ai extrait (pourquoi au « passé composé » ? Ben parce qu’il n’y a pas de « passé simple » pour ce verbe… Vrai qu’il n’y a rien de simple en français…) donc ptuit un morceau de ce qui ressemblait à s’y méprendre à une partie de molaire.

Un examen approfondi (…) confirma la chose.

Ça me fait une belle jambe à défaut d’une belle gueule !

Appel frénétique à la clinique de ma dentiste préférée. Une beauté, Adèle !

Rendez-vous en urgence.

Examen. Verdict : la dent est fracturée jusque dans le maxillaire.

OK. Mais quoi ?

endodontie/scans 3D/moulage/CEREC/couronne

OK que je lui dis.

KO lorsqu’elle me refile la facture : 3 000 $… Pas loin de 2 000 € !

Adieu vacances dans les Caraïbes…

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Cascade : les hauts et les bas

Un jour, les vieux (ceux qui vont à l’école) décidèrent de reproduire à leur façon des rampes de lancement qu’on peut voir dans les spectacles de motos acrobatiques.

Débrouillards, les vieux réussirent à traîner deux rampes d’accès à d’anciens garages/hangars de l’armée.

Vous ai-je dit qu’on habitait à la limite d’une ancienne base militaire ? C’est très vieux, c’était déjà là quand je suis né, parait.

Deux rampes, face à face, une ascendante, l’autre descendante… forcément. Mais ça m’intriguait, moi.

Jusqu’à ce qu’ils s’élancent à toute vitesse sur leurs vélos pour s’envoler, très brièvement, dans les airs.

Et nous, les Morveux, d’essayer de les imiter, sans succès, rebroussant chemin à mi-pente. Rire généralisé des vieux.

Je voudrais bien vous y voir, vous ! Vous essaierez de faire mieux sur un tricycle !

On aurait probablement été plus rapides sur une draisienne !

Les vieux commencèrent à s’enhardir en éloignant les rampes l’une de l’autre, petit à petit; nos mâchoires de Morveux en firent autant.

Éric, l’Anglo de service – tout voisinage qui se respecte a le sien – a un vélo « à vitesses », lui. Ben tous les Anglos sont riches, ici… du moins ses parents.

Éric, injustement favorisé, s’élance. Mais alors là, une vraie fusée, le mec.

En plein vol, le voilà qui prend une tangente à l’horizontale, loin de la rampe descendante.

Atterrissage catastrophique. Il « glisse » interminablement sur les gravillons de la piste.

Cris de surprise sur fond de lamentations. On se précipite tous à ses côtés.

Il est légèrement sanguinolent sur tout son côté droit, Éric.

Les pompiers, premiers répondants, arrivent sirène hurlante.

Mais d’où ils sortent ? Probablement Charlotte. C’est toujours la faute des filles.

Immanquablement, le pompier sermonneur nous (les Morveux) repère et demande si on y est pour quelque chose.

Il disjoncte le mec ! Son sourire coquin désamorce notre juste indignation.

Tout le monde se précipite autour du camion des pompiers. Il est beau le camion. Vrai que c’est le seul du village, mais c’est quand même le plussssse beau de toute la Terre.

Une ambulance arrive quelques minutes plus tard. Éric est rapido embarqué.

… Reste les pompiers…

Mystère.

Les voilà qui foutent le feu aux rampes !

Non mais ! Ça va pas la tête ?!

Si les pompiers s’amusent à foutre le feu qui va les arrêter ???!!!

Éric ? Bah, il a passé l’été à l’hosto à se faire retirer les gravillons, quoi !

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Feu, feu, joli feu

[ceci est la suite de « Un toit sur la tête » ]

Quoi de mieux qu’un joli feu de camp pour célébrer notre réussite à grand renfort de limonade.

Et de chanter à pleines fausses notes des chansons de notre répertoire : J’ai un Beau Château, Chevaliers de la Table Ronde (version limonade), Feu, Feu, Joli Feu, J’fais pipi su’l’gazon, Tout Tout Tout Vous Saurez Tout sur le Zizi, etc… Les classiques quoi !

À notre joyeuse amitié !

Sniff. Sniff. Y a quelque chose qui cloche.

Oh p*** ! Un mur d’un des hangars commence à cramer ferme.

Vous ai-je mentionné qu’ils sont en bois ?

On arrose de ce qui reste de limonade. À peine quelques grésillements.

Et c’est toujours dans les moments importants que personne n’a envie de faire pipi.

Repli stratégique.

Et Charlotte qui hurle Au feu !

Et la maman de Charlotte (notre Sainte-Dame-du-Proprio) se pointe le bout du nez, lâche un cri du coeur (de peur ?) s’empare bravement du boyau d’arrosage mais le boyau est trop court.

Disparition de la maman de Charlotte.

Cinq minutes plus tard les pompiers et tout le voisinage sont sur les lieux avec des chaudières d’eau. Mais le puissant jet du boyau de pompiers à vite fait de chasser tout le monde, feu y compris.

Puis ils ont entrepris de démolir notre château à grands coups de hache.

Une fois leur travail terminé, les pompiers s’enquièrent (hypocritement) à savoir qui a eu la brillante (brûlante ?) idée de faire un feu de camp entre les hangars.

Quelqu’un nous a trahis !

Charlotte ?!

Le doute se dissipe toutefois rapidement.

Un des pompiers gueule « Hé ! Vous les morveux ! Savez-vous qui a parti ce feu ? » On voit bien que son idée est faite. Son expression « colère retenue » laisse peu de place à un démenti offensé de notre part.

Cé pô juste !

Je me retourne vers les z’Alains pour un soutien moral.

Cé pô vrai !

Alain#1 a un tison dans les mains… Qu’il lâche un peu furti-tardi-vement selon mon impression éclairée.

Les carottes sont cuites. Mais cé pô nous qui les avons cramées, hein.

Une fois leur matériel rangé, le même pompier, l’air moins sévère, nous sermonne sur les dangers de jouer avec le feu.

Il nous fait promettre de ne pas jouer avec des allumettes.

Promis-promis vigoureux.

Cet épisode marqua le début d’une longue relation avec les pompiers…

…Qu’est-ce que vous croyez ? Bien sûr que j’ai eu droit à deux fessées.

Celles-là sont au top de mon « hit » parade !

Maintenant je joue plus souvent dans la barboteuse, avec Charlotte.

Elle est belle Charlotte !

 

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Un toit sur la tête

[ceci est la suite de « L’Érection du château…fort » ]

Je me suis donc retrouvé tout nu à me faire arroser copieusement par ma maman, sous le regard scrutateur de Charlotte, histoire que ma mère ne manque le moindre atome de boue.

Charlotte ?! Ben c’est pas la première fois qu’elle me voit à poil (façon de parler, côté poil). Nos mamans nous ont toujours laissé jouer tout nu dans la barboteuse.

J’avoue avoir eu une grande tristesse parce que Charlotte avait brisé son bigoudi. Mais on s’habitue. De toute façon ça ne l’empêchait de faire pipi, alors…

Parlant de barboteuse, le jet du boyau d’arrosage est nettement plus froid que l’eau de la barboteuse, avec effets collatéraux.

Toute bonne chose ayant une fin, je suis content que la mauvais chose en fasse autant. Claquant des dents, emmitouflé dans une grande serviette, ma maman me frictionne avec force. Charlotte aussi.

Ah ! Chaleur humaine !

C’est bien beau tout ça, mais le devoir m’appelle. J’appelle les z’Alains.

On a un toit à mettre sur notre cabane, là 1

Oh p*** ! Les murs sont définitivement plus hauts qu’on ne l’eut cru.

Cata !

On s’est tapé tout ça pour rien ?!

Une fois n’est pas coutume, Alain#1 propose qu’on fasse appel à la sous-traitance.

Demander un coup de main à son grand frère Robert (qu’on surnomme affectueusement « Grobert », allez savoir pourquoi…).

Il est fort Grobert. Il est vieux Grobert : il va à l’école.

Magnanime, il accepte notre demande.

Il est plus que fort, il est malin, Grobert. Avec des cordes, grognements et efforts, il parvient à hisser la grosse « tôle » en place, qu’on sécurise comme on peut.

Victoire ! Les Morveux ont un toit sur la tête !!!

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L’érection du château…fort

[ ceci est la suite de « Complètement Marteau« ]

Un mur assemblé par terre s’avère passablement difficile à soulever et mettre en place. Lourd, quoi.

Là, tous plexiglas… perplexes, soufflant, grimaçant, pétant (l’effort ne donnant pas toujours l’effet escompté), on suait notre vie.

Après avoir positionné un mur à l’endroit approximatif où il devait s’élever on s’est mis à l’oeuvre, les z’Alains aux extrémités, moi au milieu.

« Coucou ! Qu’est-ce que vous faites ? »

Tiens ! C’est Charlotte !

Les deux z’Alains lâchent un cri de surprise impeccablement synchronisé au lâcher du mur.

Je me retrouve en fort mauvaise pos-tu-re (dixit le Capitaine Bonhomme), face contre terre dans la boue.

Vous ai-je dit que la nuit précédente a été orageuse ?

« Aïe ! Coco est coincé sous votre truc, là ! »

Ils me libèrent. Je me relève péniblement, boueux, à demi asphyxié, crachant ( ‘scuzez mon manque de politesse) eau/boue etc. « Etc » parce ce que je ne veux pas penser à ce qu’il peut y avoir d’autre dans ce magma.

Dégoulinant, je m’en vais chez ma maman. Quelle coïncidence elle sort étendre du linge « propre ». Petit cri de souris amplifié à 1000 watts. Je stoppe net.

« Non mais, où est-ce que t’es encore allé te fourrer ? Penses pas entrer et cochonner mon beau plancher frais lavé. Descends dans le jardin et attends-moi. »

… L’empathie, c’est pô pour aujourd’hui.

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Parfois la tristesse…

… reste sans mot.

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Complètement marteau

[suite de « Les Morveux reprennent du service« ]

Au moins un siècle plus tard, l’Alain#2 se pointe, guéri et pressé de voir avancer notre projet.

Enfin ! On arrive à ramasser assez de planches, cartons, colombages pour nous mettre à l’oeuvre.

C’est la galère pour « planter » le colombage, notre charpente quoi. Le sol a beau être terreux on n’arrive pas à caler le colombage dans le sol compacté… Creuser avec une pelle à terre plus grande qu’on est haut on oublie. On oublie les pelles de plage itou.

Une petite ampoule d’idée s’allume : on va assembler les murs à plat sur le sol. Avouez que vous n’y avez pas pensé. Allez !

Alain#1 pressé de démontrer sa force physique supérieure se met à l’oeuvre et – c’est couru d’avance – se tape féroce un pouce avec le marteau. Effectivement, son pouce en a été une preuve é-cla-tan-te. Littéralement.

Et Alain#1 de partir en beuglant chez sa maman.

Coup de sonnette chez Alain#1 le lendemain matin. Sa maman ouvre la porte ne nous laissant même pas le temps de réclamer notre copain.

« Alain#1 s’est facturé un pouce. Le docteur a immilobisé le pouce dans une bagatelle, pi il doit prendre des punules contre la douleur. »

Moi, j’y comprends toujours rien au docteur.

Il a l’air complètement flagada l’Alain#1

Ben ! Et notre cabane château-fort alors ? 😦

Ah oui : le clou s’en est tiré indemne. 🙄

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Les Morveux reprennent du service

Frasques un jour… Coups pendables un autre jour…

Justement un jour d’été nous décidâment de nous construire une cabane. Cabane ?! Un château-fort, rien de moins.

Rien de bien spécial sinon que cette fois on a opté de construire au sol. Finies les cabanes dans les arbres.

On a trouvé l’endroit idéal : un « no man’s land » entre les jardins de quatre maisons. Deux sur notre rue et deux sur la rue voisine.

Hors des regards indiscrets ou inquisiteurs de nos parents. Ça n’a pas de prix.

Les z’Alains et moi partons à la recherche de matériaux pour réaliser notre oeuvre architecturale.

Un cri de joie devançant à peine un cri de douleur, Alain#1, et moi apercevons Alain#2, se tenir une main sanguinolente près d’un énorme panneau de pub en métal.

Wow ça sera très bien pour faire office de toit.

Et l’Alain#2 de partir en quatrième vitesse interpelant sa maman au passage.

Ayant perdu le tiers de nos effectifs, on abandonne les recherches.

Le lendemain matin je vais sonner à la porte d’Alain#2. La maman d’Alain (le même) ouvre la porte.

« Bonjour madame Alain#2, Alain#2 peux-tu venir jouer dehors ? »

« Ben non mon Coco. Alain#2 s’est blessé une main. Le docteur a dû lui faire des points de soudure, pi il lui a donné une piqure contre la tête à l’os« .

Moi, j’y comprends rien au docteur.

Et de voir Alain#2 se pointer le bout du nez avec la main dans un pansement.

Bon. Pas besoin de me faire un dessin, je pige que l’Alain#2 va rester dans sa maison aujourd’hui…

Ben ! Et notre cabane château-fort alors ? 😦

 

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