La vengeance est douce au coeur de l »Indien

C’est une expression d’ici (Québec) pour exprimer le plaisir éprouvé lors d’une vengeance. [Wiktionnaire]

Le plaisir fut pour ma prof.

Comme les bonnes soeurs se targuaient d’être les guides des bonnes manières et du classicisme, il allait de soi que nous ne pouvions nous limiter à écrire au crayon de plomb.

Vive la plume et l’encrier !

Ils étaient jolis ces porte-plumes marbrés de toutes les couleurs; ils ressemblaient presque à des bonbons.

À croquer.

Première session d’écriture à l’encre.

Là, j’ai compris le sourire narquois de ma prof. Au fait je ne vous ai pas dit son nom : Blandine Leblanc. Ça ne s’invente pas. Ça ne s’oublie pas non plus.

Gaucher forcené, j’ai caviardé ma copie en plus de salement m’encrer les doigts.

Mais des doigts tachés, ce n’était rien comparé à ma manche de chemise blanche tachée et, par extension, la manche de mon veston itou.

Mais oui mais oui, le code vestimentaire des bonnes soeurs exigeait une chemise blanche, noeud-papillon ou cravate, pantalon gris ou bleu foncé, même chose pour le veston, souliers noirs.

… Non. Les filles portaient portaient une blouse blanche sous une robe-chasuble… Pas de veston…

Qui découvrit l’art abstrait sur mes vêtements ?

Tout juste. Catastrophée qu’elle était ma mouman.

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L’ostracisme (tentative)

En plus de me lever tous les matins de semaine pour aller à l’école, les bonnes soeurs me sont tombées dessus à bras raccourcis. M’enfin « une » bonne soeur. Ex bonne soeur. Défroquée, mais croyante.

Pour elle, il était hors de question que j’écrive de la main gauche.

Alors elle m’attacha la main gauche au dossier de la chaise, histoire de me convaincre.

Comme elle nous faisait marcher à la claquette (un coup = debout; deux coups = assis; trois coups = à genoux) j’étais mal barré pour assimiler un quelconque réflexe conditionné.

Vous essaierez avec une main attachée derrière votre dos à une chaise !

Je m’échouais toujours lamentablement par terre, comme une baleine sur la rive.

Évidemment toute la classe se bidonnait. La v*** de bonne soeur se contentait de sourire.

…Encore plus humiliant, elle demandait à un élève normal de me dépêtrer.

Hors ! (avec un grand « h ») Un jour, le vieux curé (Jésuite) vint faire sa visite annuelle dans les classes de sa paroisse. La paroisse Sainte-Paule… Sainte-Paule comme pour l’école.

D’emblée et dans la fougue oratoire qui lui était coutumière (semble-t-il) il trompéta :

« Ma soeur, veuillez immédiatement détacher la main de ce garçon. Ce n’est pas parce qu’il est gaucher qu’il est un enfant du diable »

La soeur obtempéra (toute rouge de honte) sans mot dire… Ce qui, probablement, la fit me maudire de l’avoir humiliée devant cet illustre non-obscurantiste.

Je lui aurais baisé la bague monumentale qu’il brandit lors de sa bénédiction, mais il était déjà sorti de la classe.

Je ne sais trop si le curé était motivé par le souvenir de mon arrière-grand-père paternel qui avait cédé une partie de sa « terre » à la fondation d’une paroisse et y fit construire une chapelle (en l’honneur de Sainte-Paule…une copine de Saint Jérôme… patelin de mes origines). Bofff…

La visite du curé dura, quoi… 15 minutes, gros max. Mais je me suis tout de même tapé dix mois d’école dans la classe de cette bonne soeur.

Elle ne s’est pas privée pour m’en faire baver.

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Toute bonne chose a une fin

Un jour ma maman m’annonça comme ça, tout bonnement, que j’allais aller à l’école (publique).

J’y suis allé.

Un endroit étrange avec une odeur toute aussi étrange.

Une bonne soeur a fait « l’appel »; j’ai vite compris qu’il fallait lever la main et dire « présent ». Puis tout le monde fut renvoyé chez lui/elle.

Finalement c’était pas si mal. J’pouvais passer à autre chose.

Le lendemain matin, ma maman me réveilla aux p’tites heures avec un doux refrain « Coco lève-toi, tu dois te préparer pour l’école« .

L’école ???!!! « Mais j’suis allé hier, à l’école ! J’ai plus besoin d’aller à l’école, là !« .

Et la v’là qui part à rire. Qu’est-ce qui lui prend ?

…Le refrain « Coco lève-toi… » je l’ai entendu longtemps, mais alors là vraiment longtemps.

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Passage à vide

J’en étais à conclure la saga des Morveux lorsqu’un disque de stockage (externe) a planté (« crashé » qu’on dit ici). Celui qui « héberge » les articles/photos/images du Pavé… Entre autres…

Pas de problème que je me dis, j’ai un disque de sauvegarde de plusieurs téra-octets pour tout l’ordi et disques externes.

Je lance donc l’appli de sauvergarde/restauration/réparation « journalisé » afin de récupérer le contenu du disque DCD (… comme dans DéCéDé…).

Horreur ! L’enfant de p*** de disque n’apparait même pô dans la liste de disques reliés à l’ordi. Même en « remontant » vers d’anciennes sauvegardes.

Ça c’est la catastrophe. Même dans l’Info-nuagique (quelle expression tout de même pour parler de stockage distant) ni vu ni connu.

Il n’a jamais existé.

Le coeur me fend.

Je n’y comprends toujours rien.

Et vous aurez certainement deviné qu’ayant une mémoire fugace (…) tous mes identifiants et mots de passes (et il y en a pour tous les services « domestiques », bancaires et internet) étaient inscrits dans un fichier sur l’Affreux.

… Trop con pour m’en faire une copie papier…

Et c’est très long se refaire une santé numérique

Oui ! Vous pouvez me lancer la première pierre… Par courriel.

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Cata

Panne généralisée. Disques de sauvegarde plantés…

À +

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Mon couronnement

Hé oui. Je fais partie de cette classe, mais pas pour mon « lignage ».

Nan…

Par distraction. Une rencontre, une collision en fait, avec une porte qui n’avait rien à foutre là. Je n’ai pas vu de couronne d’étoiles mais j’ai ressenti une vive douleur au maxillaire (la mâchoire supérieure, quoi).

En farfouillant de la langue, j’ai extrait (pourquoi au « passé composé » ? Ben parce qu’il n’y a pas de « passé simple » pour ce verbe… Vrai qu’il n’y a rien de simple en français…) donc ptuit un morceau de ce qui ressemblait à s’y méprendre à une partie de molaire.

Un examen approfondi (…) confirma la chose.

Ça me fait une belle jambe à défaut d’une belle gueule !

Appel frénétique à la clinique de ma dentiste préférée. Une beauté, Adèle !

Rendez-vous en urgence.

Examen. Verdict : la dent est fracturée jusque dans le maxillaire.

OK. Mais quoi ?

endodontie/scans 3D/moulage/CEREC/couronne

OK que je lui dis.

KO lorsqu’elle me refile la facture : 3 000 $… Pas loin de 2 000 € !

Adieu vacances dans les Caraïbes…

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Cascade : les hauts et les bas

Un jour, les vieux (ceux qui vont à l’école) décidèrent de reproduire à leur façon des rampes de lancement qu’on peut voir dans les spectacles de motos acrobatiques.

Débrouillards, les vieux réussirent à traîner deux rampes d’accès à d’anciens garages/hangars de l’armée.

Vous ai-je dit qu’on habitait à la limite d’une ancienne base militaire ? C’est très vieux, c’était déjà là quand je suis né, parait.

Deux rampes, face à face, une ascendante, l’autre descendante… forcément. Mais ça m’intriguait, moi.

Jusqu’à ce qu’ils s’élancent à toute vitesse sur leurs vélos pour s’envoler, très brièvement, dans les airs.

Et nous, les Morveux, d’essayer de les imiter, sans succès, rebroussant chemin à mi-pente. Rire généralisé des vieux.

Je voudrais bien vous y voir, vous ! Vous essaierez de faire mieux sur un tricycle !

On aurait probablement été plus rapides sur une draisienne !

Les vieux commencèrent à s’enhardir en éloignant les rampes l’une de l’autre, petit à petit; nos mâchoires de Morveux en firent autant.

Éric, l’Anglo de service – tout voisinage qui se respecte a le sien – a un vélo « à vitesses », lui. Ben tous les Anglos sont riches, ici… du moins ses parents.

Éric, injustement favorisé, s’élance. Mais alors là, une vraie fusée, le mec.

En plein vol, le voilà qui prend une tangente à l’horizontale, loin de la rampe descendante.

Atterrissage catastrophique. Il « glisse » interminablement sur les gravillons de la piste.

Cris de surprise sur fond de lamentations. On se précipite tous à ses côtés.

Il est légèrement sanguinolent sur tout son côté droit, Éric.

Les pompiers, premiers répondants, arrivent sirène hurlante.

Mais d’où ils sortent ? Probablement Charlotte. C’est toujours la faute des filles.

Immanquablement, le pompier sermonneur nous (les Morveux) repère et demande si on y est pour quelque chose.

Il disjoncte le mec ! Son sourire coquin désamorce notre juste indignation.

Tout le monde se précipite autour du camion des pompiers. Il est beau le camion. Vrai que c’est le seul du village, mais c’est quand même le plussssse beau de toute la Terre.

Une ambulance arrive quelques minutes plus tard. Éric est rapido embarqué.

… Reste les pompiers…

Mystère.

Les voilà qui foutent le feu aux rampes !

Non mais ! Ça va pas la tête ?!

Si les pompiers s’amusent à foutre le feu qui va les arrêter ???!!!

Éric ? Bah, il a passé l’été à l’hosto à se faire retirer les gravillons, quoi !

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Feu, feu, joli feu

[ceci est la suite de « Un toit sur la tête » ]

Quoi de mieux qu’un joli feu de camp pour célébrer notre réussite à grand renfort de limonade.

Et de chanter à pleines fausses notes des chansons de notre répertoire : J’ai un Beau Château, Chevaliers de la Table Ronde (version limonade), Feu, Feu, Joli Feu, J’fais pipi su’l’gazon, Tout Tout Tout Vous Saurez Tout sur le Zizi, etc… Les classiques quoi !

À notre joyeuse amitié !

Sniff. Sniff. Y a quelque chose qui cloche.

Oh p*** ! Un mur d’un des hangars commence à cramer ferme.

Vous ai-je mentionné qu’ils sont en bois ?

On arrose de ce qui reste de limonade. À peine quelques grésillements.

Et c’est toujours dans les moments importants que personne n’a envie de faire pipi.

Repli stratégique.

Et Charlotte qui hurle Au feu !

Et la maman de Charlotte (notre Sainte-Dame-du-Proprio) se pointe le bout du nez, lâche un cri du coeur (de peur ?) s’empare bravement du boyau d’arrosage mais le boyau est trop court.

Disparition de la maman de Charlotte.

Cinq minutes plus tard les pompiers et tout le voisinage sont sur les lieux avec des chaudières d’eau. Mais le puissant jet du boyau de pompiers à vite fait de chasser tout le monde, feu y compris.

Puis ils ont entrepris de démolir notre château à grands coups de hache.

Une fois leur travail terminé, les pompiers s’enquièrent (hypocritement) à savoir qui a eu la brillante (brûlante ?) idée de faire un feu de camp entre les hangars.

Quelqu’un nous a trahis !

Charlotte ?!

Le doute se dissipe toutefois rapidement.

Un des pompiers gueule « Hé ! Vous les morveux ! Savez-vous qui a parti ce feu ? » On voit bien que son idée est faite. Son expression « colère retenue » laisse peu de place à un démenti offensé de notre part.

Cé pô juste !

Je me retourne vers les z’Alains pour un soutien moral.

Cé pô vrai !

Alain#1 a un tison dans les mains… Qu’il lâche un peu furti-tardi-vement selon mon impression éclairée.

Les carottes sont cuites. Mais cé pô nous qui les avons cramées, hein.

Une fois leur matériel rangé, le même pompier, l’air moins sévère, nous sermonne sur les dangers de jouer avec le feu.

Il nous fait promettre de ne pas jouer avec des allumettes.

Promis-promis vigoureux.

Cet épisode marqua le début d’une longue relation avec les pompiers…

…Qu’est-ce que vous croyez ? Bien sûr que j’ai eu droit à deux fessées.

Celles-là sont au top de mon « hit » parade !

Maintenant je joue plus souvent dans la barboteuse, avec Charlotte.

Elle est belle Charlotte !

 

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Un toit sur la tête

[ceci est la suite de « L’Érection du château…fort » ]

Je me suis donc retrouvé tout nu à me faire arroser copieusement par ma maman, sous le regard scrutateur de Charlotte, histoire que ma mère ne manque le moindre atome de boue.

Charlotte ?! Ben c’est pas la première fois qu’elle me voit à poil (façon de parler, côté poil). Nos mamans nous ont toujours laissé jouer tout nu dans la barboteuse.

J’avoue avoir eu une grande tristesse parce que Charlotte avait brisé son bigoudi. Mais on s’habitue. De toute façon ça ne l’empêchait de faire pipi, alors…

Parlant de barboteuse, le jet du boyau d’arrosage est nettement plus froid que l’eau de la barboteuse, avec effets collatéraux.

Toute bonne chose ayant une fin, je suis content que la mauvais chose en fasse autant. Claquant des dents, emmitouflé dans une grande serviette, ma maman me frictionne avec force. Charlotte aussi.

Ah ! Chaleur humaine !

C’est bien beau tout ça, mais le devoir m’appelle. J’appelle les z’Alains.

On a un toit à mettre sur notre cabane, là 1

Oh p*** ! Les murs sont définitivement plus hauts qu’on ne l’eut cru.

Cata !

On s’est tapé tout ça pour rien ?!

Une fois n’est pas coutume, Alain#1 propose qu’on fasse appel à la sous-traitance.

Demander un coup de main à son grand frère Robert (qu’on surnomme affectueusement « Grobert », allez savoir pourquoi…).

Il est fort Grobert. Il est vieux Grobert : il va à l’école.

Magnanime, il accepte notre demande.

Il est plus que fort, il est malin, Grobert. Avec des cordes, grognements et efforts, il parvient à hisser la grosse « tôle » en place, qu’on sécurise comme on peut.

Victoire ! Les Morveux ont un toit sur la tête !!!

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L’érection du château…fort

[ ceci est la suite de « Complètement Marteau« ]

Un mur assemblé par terre s’avère passablement difficile à soulever et mettre en place. Lourd, quoi.

Là, tous plexiglas… perplexes, soufflant, grimaçant, pétant (l’effort ne donnant pas toujours l’effet escompté), on suait notre vie.

Après avoir positionné un mur à l’endroit approximatif où il devait s’élever on s’est mis à l’oeuvre, les z’Alains aux extrémités, moi au milieu.

« Coucou ! Qu’est-ce que vous faites ? »

Tiens ! C’est Charlotte !

Les deux z’Alains lâchent un cri de surprise impeccablement synchronisé au lâcher du mur.

Je me retrouve en fort mauvaise pos-tu-re (dixit le Capitaine Bonhomme), face contre terre dans la boue.

Vous ai-je dit que la nuit précédente a été orageuse ?

« Aïe ! Coco est coincé sous votre truc, là ! »

Ils me libèrent. Je me relève péniblement, boueux, à demi asphyxié, crachant ( ‘scuzez mon manque de politesse) eau/boue etc. « Etc » parce ce que je ne veux pas penser à ce qu’il peut y avoir d’autre dans ce magma.

Dégoulinant, je m’en vais chez ma maman. Quelle coïncidence elle sort étendre du linge « propre ». Petit cri de souris amplifié à 1000 watts. Je stoppe net.

« Non mais, où est-ce que t’es encore allé te fourrer ? Penses pas entrer et cochonner mon beau plancher frais lavé. Descends dans le jardin et attends-moi. »

… L’empathie, c’est pô pour aujourd’hui.

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