Non ! Pas déjà !

Ça fait à peine un mois que l’école est terminée !

J’ai vu un employé de commerce déployer les panneaux-réclames pour la

« Super-vente de la rentrée scolaire »

😯

Petit aparté. Si vous voulez un conseil d’ami, allez donc magasiner les fournitures, habillement et autres gugusses pour vos chérubins avant la vente.

Classiquement les « ventes » sont des attrapes-nigauds. Je le sais de source sûre. Hé ! Ne dites pas du mal de ma mère (que je ne nommerai pas) qui a travaillée des siècles dans un magasin de vêtements.

La tactique, fort simple, consiste à tout réétiqueter avec des prix augmentés puis y accoler des petits panonceaux clamant un rabais faramineux (au prix des jours précédents la vente, quoi !) .

Bref, les « super-ventes » ne sont qu’une « manip » pour augmenter les prix en douce. Certain, vous allez payer plus cher après la vente, mais moins cher ou à prix égal avant la vente.

Ne le dites surtout pas ! Ça reste entre nous.

Revenons à nos moutons : les écoliers.
Imaginez avoir huit ans – ça devrait pô être difficile, vieillissez-vous en peu !!! – et vous retrouver tout joyeux, bronzé, savourant un cornet de crème glacée (ben… coulante) au chocolat devant ces panneaux-réclames géants.

S’il y a plus anti-climax que ça, ça doit être de perdre la boule (de crème glacée) sur le pavé.

Dahhh ! 😯

Quel maudit malade serait heureux de se faire rappeler l’école au beau milieu du plus merveilleux été de toute sa vie ??? Qui plus est : de l’écrire !!!

Ça m’a rappelé que j’aimais pô l’école. J’ai toujours haï l’école.

… À cause des récompenses. Oui-oui ! Et peut-être à cause des « bonnes soeurs », un peu beaucoup.

Cas #1

Une jour, une institutrice remplaçante – la nôtre ayant fait un burnout après seulement trois semaines de classe – a eu la géniale idée d’annoncer une récompense pour la meilleure dictée.

Qui dit récompense fait saliver tout marmot. Ça c’est de la pédagogie… « pavlovienne », mais pédagogie tout de même.

Et, personnellement, comme on était pauvres chez nous, je me suis dit qu’une petite gâterie, j’sais pas moi, une BD, un modèle d’auto à assembler (colle fournie), je détesterais pas.

Raté. J’ai gagné… Une gros sac de « paparmanes » (peppermints; bonbon à la menthe poivrée, quoi).

Comble du bonheur, j’ai eu la permission extraordinaire de me taper une pastille en classe.

Je dis « Non merci, sans façon. On n’a pas le droit. » En fait, j’ai dit que la soeur directrice voulait pô.
« Que si ! » de rétorquer la positive institutrice remplaçante tous dentiers au vent. Là, j’ai eu comme la vision fugace (garce ?) qu’elle piquait les bonbons à l’hospice où elle devait habiter.

Je dus donc m’exécuter. Ça a même failli être capital. Je déteste les « paparmanes » !!!

J’vous dis pas les rougeurs… de colère…

Cas #2

Un jour (la nuit ça aurait été ma vu) la bonne soeur directrice (celle qui a remplacée la défunte v… bonne soeur directrice ) a lancé un concours « pan » école. D’une valeur astronomique de 10 $. Une fortune quoi !

Ça consistait à faire une maquette 3D de la fameuse « Habitation » de Sam de Champ, à Québec.
C’était pô malin parce qu’on traînait le même livre d’histoire toute la durée du primaire, avec une seule représentation de la baraque.

Raté. J’ai gagné… Un missel. En latin véritable…

Jamais la perspective d’une telle récompense ne m’avait effleuré l’imagination débordante et probablement délirante en connaissance de cause – ou d’effet ? –  ne serait-ce qu’une nano-seconde. Eh ! Tout est « nano » aujourd’hui. Nanou-nanou !

Un comble. Je commençais à peine mon repérage de cachettes à toute épreuve afin de sauver mon âme du dogmatisme religieux, histoire de « sauter » la messe dominicale,
quoi !

Le cadeau venait en direct du curé, que j’aurais à remercier en personne à la prochaine occasion… À la prochaine messe. Bien sous-entendu et reçu. Occasion qui lui permettrait de bénir le missel.

…Il aurait pas pu le faire avant, non ?!

Le plus difficile dans tout ça, c’est de garder un visage souriant (sous peine de mornifle) !!! Ça donne les sourires les plus débiles du monde.
Et puis c’est quoi l’intérêt de bénir un livre ??? J’aurais compris qu’il me bénisse – ça ferait changement des damnations promises par mes parents – et que j’aie du coup mon ticket pour une entrée gratos au paradis. Je pourrais enfin passer à autre chose, comme continuer mes recherches de cachette. Mais non. Il s’est contenté du missel.

Malgré tout, ce fut un grand bonheur quand ma jeune soeur de trois ans, et sans que je ne m’en aperçoive, s’en servit comme cahier à dessin. Génial. Elle a du talent ma soeur. Ce que je découvris à la messe suivante. J’avais pas encore trouvé mon refuge salutaire.

Me suis jamais autant bidonné dans une église… D’où je fus expulsé pour « disturbance ». Ce fut un des plus beaux dimanches de ma vie !

Cas #3

Un jour (pas le même) ma mère me promit que si « j’arrivais » premier de classe deux mois d’affilée, elle m’amènerait bouffer au resto.
Wow ! Récompense suprême ! On n’allait jamais au resto. Vous vous souvenez : « on était pauvres… etc. ?

Bon l’occasion n’était pas mensuelle mais alléchante tout de même. Et on n’irait pas dans n’importe quel resto ! Rien de moins qu’au « Coq d’Or« . Imaginez. Le quatrième plus chic resto des cinq que comptaient la ville… À part, bien sûr, les roulottes à patates frites.

L’euphorie. L’horreur. Mon principal « compétiteur » au titre tant convoité – Alain T. – posait un obstacle de « taille », littéralement, à ma quête. J’suis pas mal certain que ma mère l’aurait pas traîné au resto, mais pouvais-je prendre des chances ?

En classe, je pouvais toujours me défendre. Dans la cour d’école c’était autre chose. C’est qu’il était costaud l’animal et moi anémique. Vous comprendrez que son poing sur ma tronche avait un effet pervers sur mes performances académiques.

Difficile.

Raté. J’ai réussi.

Et d’aller bouffer au resto comme promis.

Naturellement ma mère s’occupa – en grande personne au fait de l’étiquette et forte de son autorité – de commander pour nous deux.

Des « Fish & Chips« … 😦

Tu parles ! Avec un nom comme « Coq d’Or » j’aurais cru pouvoir bouffer du poulet bébécul ! Mais non ! 😡

Je dé-tes-te le poisson ! Y a un « s » de trop dans « poisson » !!!

J’ai bouffé les frites, sucé le citron, fait la grimace… Ça paraissait moins que j’étais « fru » ainsi.

Finalement, ma mère fut triplement comblée; elle s’est payée un double  snack et ma tête.

Le mois suivant j’étais pô premier de classe et fortuitement moins amoché. 😉

Finalement, j’ai traîné au bar du resto quelques années plus tard, mineur et boutonneux. Quelle vengeance, je pouvais commander ce que je voulais !!! 🙄

C’en fut fini des performances de petit biquet.

La morale de cette histoire ? Évident !!!

Le renforcement positif (récompense, poisson, rabais faramineux, etc.) ne l’est peut-être pas tant que ça !!! 😀

Chocolate ice cream cone cupcake from The Trea...

Image by Rachel from Cupcakes Take the Cake via Flickr

Tiens ! Ça me rappelle un chant de fin d’année scolaire !

Vives les vacances
Au diable les récompenses
Mettons l’école en feu
Et les soeurs au milieu.

Cet article, publié dans Humour, Société, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s