L’excuse parfaite

Moi ça me pompe.

Ben… Ça me pompait. Un jour j’ai compris.

Le réveil – probablement à cause de nuits passablement courtes – a toujours été une torture monumentale.

À une époque j’avais trois réveils-matin et une soeur qui faisait office de service de réveil téléphonique. Bien sûr, quelques épouses et « conjointes de fait » se sont dévouées à la cause du réveil. Pas nécessairement une aide pour arriver à l’heure au bureau…

Mazette ! Quel comateux je suis (encore). Et d’un air bête !!! 😯

Je n’aurais pas supporté m’avoir comme « colocataire ». 🙄

Au travail, il y a d’éternels retardataires, dont j’essayais fermement ne pas faire partie; ce qui me faisait inévitablement courir, après que j’eusse réussi à ouvrir les yeux suffisamment longtemps pour me rendre compte que je me dirigeais vers la catastrophe « retardatairesque ».

Le temps que je boive quelques cigarettes, fume un café en  me shampouinant à la crème à barbe, me faisant la barbe au dentifrice et c’était parti pour le sprint vers le travail.
J’arrivais au travail « crinqué », stressé, d’humeur massacrante tant que je n’aie enfilé quelques cafés bien serrés.

Pourtant, ces éternels retardataires ne se faisaient jamais apostropher par le patron (évidemment tyrannique). Mystère. Jusqu’au moment où je me rendis compte que tout ce beau monde avait toujours une excuse miraculeuse pour justifier une absence ou retard.

« Mon enfant a été malade toute la nuit » (elle n’a pas d’enfant)

« Ma mère est morte, hier soir » (il a eu 5-6 mères, a peu près autant de pères… Pas tellement étonnant qu’il ait été si « étrange »…)

Mais les meilleures excuses avaient toujours trait à la bagnole. Ça c’était le pardon garanti, aucune explication nécessaire.

« Mon char partait pas à matin. »

« Il y avait un accident sur la Montée des Cochons qui toussent. »

« J’ai fait une crevaison. »

« Il y avait des travaux voirie sur la route. » Probablement la plus véridique : nos routes sont toujours en réparation !!! Nous, on n’a jamais su comment faire une route; donc c’est toujours à refaire. Les niéniénieurs d’ici ont probablement eu leur diplôme dans une boîte de « Cracker Jack ». Comme craque, c’est gratiné. Eh ! Ne vous offusquez pô les tites bébêtes de Poly : elles sont tellement « craquées » nos routes qu’on croirait presque à du gratin.

J’ai compris. Tant pis si j’arrivais en retard, j’avais mon excuse parfaite.

Projet que j’exécutai dans un temps record.

Patron : « Dis mon Coco, t’es en retard à matin ! »

Coco : « Ben oui, j’ai eu un flat (crevaison pour les Chinois) sur la 117 »

Patron : « Ah. OK ! »

Je jubilais et entrevoyais des matins de rêves. Si si : « rêves » au pluriel, j’adore me faire mon cinéma. 😀

La vie était belle, mes collègues ne me redoutaient plus, la psychose de la maquette blanche, disparue.

Jusqu’au jour…
Patron : «  ‘Cout’ donc Coco, t’es encore en retard, là. Qu’est-ce que t’as comme excuse à matin ? »
Coco : « Ma chaîne de bicyclette a débarqué. »

Patron : « Chaîne de bicycle ? Depuis quand tu voyages en vélo, twé ? »

Horreur ! 😯 Erreur. 😦 J’étais particulièrement plus comateux et éméché ce matin particulier. En fait, j’ai pô de vélo ! Ni d’auto ! J’utilise les transports en commun. Pas par conscience écologique, par « simplicité volontaire », comme disait toujours le mec dans une pub télé : « C’est pas parce que c’est simple et c’est pas volontaire non plus« . J’ai pô les moyens.

Coco : Euhhh… Ben j’ai pas de vélo ! J’ai pas d’bagnole ! Mais de la minute qu’un mec a une excuse genre « bagnole » tu poses jamais de question ! Toujours OK ».

Là, j’étais pompé pas à peu près.

Les yeux du patron ont roulé par terre, il est devenu rouge comme une tomate, puis s’en est retourné d’un pas rapide.

…J’ai pas ramassé ses yeux : je les ai envoyé valser au bout du corridor. 😈

Du coup, les adeptes des retards « automobiles », se sont vus signifier de soit partir plus tôt ou de changer la bagnole problématique pour une neuve.

Je suis devenu du coup très populaire… l’opprobre de mes collègues.

Mais ne vous y trompez pas ! Je suis devenu un révolutionnaire de « La vengeance des berceaux Part 2« .

Fou comme il y a eu de nouvelles naissances dans les années qui on suivies. J’y ai même mis mon « grain de sel ». Que de nouvelles excuses pour s’absenter… Sauf que côté sommeil j’y ai pas gagné. Nuits blanches auprès de bébé, attentes dans les salles d’urgence d’hôpitaux, etc. 😦

Notre belle société étant devenue quelque peu imperméable aux obligations parentales, on a bien été obligé de se trouver de nouvelles excuses.

« Alerte à la bombe dans le métro »

« Panne de métro »

« Grève du transport en commun »

« Train de banlieue discontinué sans raison »

« Pont Chantier fermé »

« L’effondrement Turcot fermé »

Malheureusement ses excuses-là sont bien réelles.

Mais les patrons s’en foutent. Les gouvernements aussi.

Déménager à proximité du travail ? Ça va pas non : le coin détient le record d’agressions !!!

J’ai une nouvelle fois compris : j’ai pris ma retraite.

Finies les questions, les excuses, le stress.

La joie !

Des « Cracker Jack » ça vous dit ?

A picture of an old Cracker Jack box

Image via Wikipedia

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3 commentaires pour L’excuse parfaite

  1. Coco dit :

    A reblogué ceci sur Un autre pavé dans la mare and commented:

    Repris # Je suis excusé

  2. candide57 dit :

    hihi.. t’as trouvé la meilleure des solutions!!!

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