On a tous un oncle poivrot

Nous, c’est tonton Gaston. Et en ces temps de festivités très arrosées, tonton Gaston n’a pas dérogé à ses vieilles habitudes. Comme – sa conduite automobile n’étant pas “élégante” même quand il est sobre (ce qui ne constitue pas “sa” normale) – il n’était pas question qu’il s’en retourne chez lui; on lui a donc offert le gîte.

Alors, comme ça, en pleine soirée de bombance “nativitéelles”, voilà t’y pas que tonton Gaston décide de prendre une petite marche de santé, histoire d’accélérer le retour à la normale du ratio oxygène/alcool dans son sang, j’imagine.

Et tout le monde de protester que, même à pied, s’il constituait un moindre danger pour les autres, ce n’était statistiquement pas le cas pour lui-même.

Il nous a assuré qu’il ne ferait que le tour du pâté de maisons, qu’il serait de retour en moins de deux.

Et on l’a laisser aller. Et on l’a oublié. Jusqu’à ce qu’une cousine nous fasse remarquer qu’il y avait passablement de lumières de gyrophares sur la rue voisine, derrière chez nous quoi.

Tonton Gaston !!! Jamais pensée commune ne fut exprimée et vocalisée avec autant de synchronisme et de frayeur… Une vraie chorale.

On s’est précipitamment habillé de nos gros manteaux d’hiver et dépêché vers les lueurs célestes.

Quelle commotion sur la rue ! Camion de pompiers, voitures de police, ambulance, et, étrangement une maison incroyablement illuminée d’un zillion de lumières multicolores.

On a demandé à un policier – parmi tant d’autres –  qui veillait à conserver les curieux à l’écart – si lui ou ses collègues avaient aperçu un très vieil homme légèrement pompette dans les parages.

Avec l’humour proverbial de la gent consta(pâti)bulaire, il a pouffé et dit que, justement, il y en avait tout un troupeau juste devant lui.

On lui avait certainement gâché la petite fête au poste de police à celui-là.

Devant notre commun désarroi il s’est tout de même rattrapé et demandé de quoi il avait l’air notre fameux petit vieux.

Après avoir écouté nos descriptions contradictoires, il a fini par demander comment il s’appelait notre ancêtre. Là, accord (musical) total, “Gaston Gascon !”.

Ses sourcils se sont offerts une promenade vers le très haut puis il a baragouiné quelque chose dans son micro, stratégiquement fixé pas très loin de sa gueule sympathique.

Du bruit s’est fait entendre dans son micro haut-parleur (!). Sans rien dire sinon de nous demander de déléguer deux personnes afin qu’elles le suivent.

Je fus élu ainsi que ma cousine et suivîmes l’officier (armé) de la paix. Il nous dirigea directement à l’ambulance, notre inquiétude grandissant de façon exponentielle à chaque pas… Ciel que c’est bien dit !

Et là de voir, bel et bien étendu sur une civière, le tonton Gaston, un masque au visage et un infirmier tentant désespérément de lui contenir les gestes erratiques, histoire de pas tout bousiller son ambulance.

On est parvenu à se faire entendre du dément et le calmer quelque peu afin qu’on puisse parler et calmer tonton un peu.

Et là, un autre ambulancier a fermé les portes et nous a annoncé qu’ils transportaient tonton Gaston à l’Hôpital du Saint-Sacrement… Lui aussi on lui a gâché sa petite fête, parce que cet hôpital reçoit les “cas” terminaux. Tout pour rassurer quoi !

Et là, avec un sens de l’à-propos digne des meilleurs scénarios hooliholy… américains, un policier se présentant comme le sergent Gingras nous a accostés pour – à son dire – nous expliquer le drame.

Cette section de rue avait été fermée en raison du tournage d’un commercial pour une compagnie de jeux vidéos – ça pleut ici. Le Jour de Noël !!! Ben oui, la compagnie avait eu une permission spéciale. L’endroit et le lieu convenaient et s’inscrivaient dans une ambiance festive.

Hors, tonton Gaston, avec la nonchalance et « chance » du poivrot, avait réussi à passer les barrages et s’était faufilé jusqu’au “site” de tournage.

Il semble que le tonton fut pris d’un malaise lorsque – sans l’avoir aperçu – l’action d’éclat débuta.

On coupa bien entendu le tournage, mais pas le déroulement de la séquence, ces choses-là continuant typiquement en bon moment après qu’un réalisateur n’ait gueulé “Coupez !”.

Bref, tonton avait tous les signes d’un syncopé.

Ma cousine et un cousin se sont rendus à l’hôpital avant qu’on embaume le tonton et le reste de la famille s’est retrouvé chez nous, la fête ayant tournée en veillée “pré” funèbre.

J’ai étonnamment trouvé le commercial en question sur YouTube. C’est assez réussi. Tonton Gaston, finalement “libéré”, n’a pas voulu le regarder.

Commercial pour le jeu “Battlefield 3”

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3 commentaires pour On a tous un oncle poivrot

  1. Coco dit :

    A reblogué ceci sur Un autre pavé dans la mare and commented:

    Reprise # champ de bataille 3

  2. candide57 dit :

    ben il est où tonton Gaston???? 😛

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