Flamenco

Un billet de Candide – Ikuko Kawai, El Flamenco – m’a fait découvrir quelque chose d’assez inusité (ah mes pauvres connaissances…) : une Japonaise qui joue (au violon) du Flamenco ! Hautement intéressant.

Ça n’a fait ni un ni même deux tours que les engrenages de la mémoire me ramenaient à zune népoque loinlointaine. Et poc !

J’en étais encore à une thérapie éthylique de ma vie qu’un autre copain (un autre autre), récemment divorcé lui aussi, nous a mentionné qu’il avait ses quartiers-généraux à un restaurant espagnol où la bouffe était savoureuse, pas chère, le patron sympathique et généreux avec la sangria.

Ce ne fut pas long que nos trois épaves échouèrent au El Rancho Grande. Ambiance plutôt feutrée avec une touche un peu forte sur le rouge et le noir… Ça changeait grandement d’une de mes amarres passées, La Bodega, qui jouait plutôt sur le crépis, filets de pêche et jambons suspendus aux poutres de l’endroit ou ceux-ci, s’ils y séchaient, ne se faisaient pas moins enfumer parce qu’il n’y avait pas encore d’interdiction de fumer dans les endroits publics.

José, le patron, nous installe, revient sans faillir avec un pichet en céramique et quatre coupes, s’assoit avec nous, verse la sangria et se met à nous jaser ça comme si on se connaissait depuis le déluge.

Par les temps qui courent (à gauche, à droite) faut dire que les rencontres antédiluviennes ça serait plutôt récent, hein ! Mais pas à cette époque. Errrhhh… Viendrais-je de me dater du temps de Noé, là ? Ho ! J’suis tout de même né à une époque où le parapluie existait déjà !

… Depuis longtemps !!! Mauvaises langues ! 😛

Un pichet se vide assez rapidement, surtout à quatre amateurs. Et quand il n’y en a plus il y en a encore !

Hé ! Ça creuse l’appétit que lever le coude ! José nous laisse consulter le menu et disparaît, vers la cuisine j’imagine, histoire de partir le feu sous le cuisinier.

Et de revenir s’informer de nos choix, sans manquer d’y aller de ses suggestions, parce que le José il a que du frais lui, alors oubliez les calmars qui se sont tapés 800 km à pied.

… N’y pensez même pas. 🙄 S’agit de pas se mettre le pied (ou un pneu) dans la gueule, là .

D’autres clients arrivent et José s’empresse de les accueillir avec la même familiarité et gentillesse, mais il ne s’attarde pas plus qu’il le faut aux tables, le restaurant se remplissant rapidement.

Très bonne bouffe, bien arrosée et ça coule toujours… Le temps aussi.

On commence à être ronds comme une pelle (ou plusieurs) lorsqu’on voit surgir, de j’sais pas où, une beauté à couper le souffle.

Grande, mince, cheveux noirs, longs et attachés à la diable avec un paquet de machins qui sortent d’un peu partout de sa coiffure, une robe noire ajustée au haut du corps avec dos nu et  partie « jupe », plus courte au devant et toute en froufrous. Z’aurez compris que côté couture j’y connais pas grand chose, sinon l’effet que ça provoque. 😉 Et ça provoque !

Et dans un coin du resto elle grimpe sur une espèce de petite scène  insoupçonnée jusqu’alors, rejoignant un guitariste déjà installé (jamais vu passer celui-là).

Et ça démarre, le guitariste et la danseuse, parce que c’est ça : elle danse la dame ! Avec une fougue à faire sourire un thanatologue !

Et de marteler le sol, de ses jolis petons dans de drôles de souliers à talon, jeu de pied qu’on peut diffficilement manquer « vu » qu’elle retrousse joyeusement et furieusement sa robe. Je découvre le Flamenco semble-t-il. Et c’est d’un beauté et d’une charge euhh… passionnelle incroyable.

Par moment, c’est à se demander si c’est bien elle qui martèle un tel rythme endiablé de ses pieds, tellement le reste du corps semble immobile. Je cherche s’il n’y aurait pas un elfe qui jouerait du marteau-piqueur caché derrière la belle Alicia (l’autre autre connaissait).

Le spectacle a duré une bonne demie-heure. Et d’Alicia et du guitariste de quitter la petite scène, elle, fraîche comme une rose. C’est à se demander si c’était un pet que de danser le Flamenco.

Je me sentais près à taper du pied n’importe quand, là ! Taper du genou s’il le fallait pour avoir l’ombre d’un espoir de danser avec la belle Alicia. Quitte à prendre des cours avec elle ! Si c’est pô de l’abnégation, je me demande bien ce que c’est. Que pour l’art suis-je !

Je fis part à José de mon admiration, fascination, passion pour la danseuse qu’il avait engagée. Et José, toujours aussi avenant, m’a gentiment informé que « la danseuse » était son épouse.

… 😯  😳

Quand j’vous dis que j’ai un don ! Côté pieds j’les avais dans les plats. Son regard me disait qu’il pouvait très bien danser avec ses poings. 😦

Étrangement, j’ai pô insisté. Je l’ai félicité de leur bonheur que je leur souhaitais éternel. J’ai tout de même un instinct de survie …qui m’étonne parfois. 😉

Toujours est-il qu’on est retourné au El Rancho Grande à maintes, maintes reprises et jamais le spectacle d’Alicia ni la musique du guitariste m’ont semblé se répéter. Un plaisir toujours renouvelé.

Bah oui, on peut voir des films de Flamenco, mais jamais au grand jamais ça ne remplacera d’être à trois mètres de ces artistes. Ça transporte au-delà du compréhensible.

Et José m’a vite pardonné. J’ai eu l’occasion de connaître Alicia aussi, et jamais la passion n’a semblé s’estomper entre ces deux belles personnes.

Avec le temps, on s’est perdu de vue. Chose certaine, le resto n’existe plus. Mais le souvenir est toujours aussi fort et agréable.

Allez ! Dansons ! Bling à ti gueding takatakatak 😀

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7 commentaires pour Flamenco

  1. candide57 dit :

    oh coco!!!
    j’ai adoré lire ce billet!
    tout y est presque l’odeur de la bouffe aussi!
    tu devrais vraiment écrire un bouquin aussi! 😛

    • Coco dit :

      😳 Moi qui suis particulièrement fier (remarque, c’est vite dit 🙄 ) de mon patrimoine paternel, j’avoue ne pas trop avoir mis l’accent sur le côté olfactif. Mais tu as raison, l’odeur de la cuisine espagnole ou portugaise (ibérique quoi ! 😛 ) peut difficilement laisser indifférent, surtout côté épices. D’ailleurs, moi pour qui le poisson égale poison, c’est la seule cuisine où j’arrive à bouffer la chose… À part la bouillabaisse. Fiou ! J’ai failli en faire une autre… Gaffe 😛

      Ceci dit, non, elle sentait pô la sueur après son spectacle l’Alicia. 😛 😛 😛

  2. thiebaultdesaintamand dit :

    Presque une confession perpétuelle, on ne se méfie jamais assez des brunes 😉
    Et je partage l’avis de Candide quant au bouquin 😉

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