Cascade : les hauts et les bas

Un jour, les vieux (ceux qui vont à l’école) décidèrent de reproduire à leur façon des rampes de lancement qu’on peut voir dans les spectacles de motos acrobatiques.

Débrouillards, les vieux réussirent à traîner deux rampes d’accès à d’anciens garages/hangars de l’armée.

Vous ai-je dit qu’on habitait à la limite d’une ancienne base militaire ? C’est très vieux, c’était déjà là quand je suis né, parait.

Deux rampes, face à face, une ascendante, l’autre descendante… forcément. Mais ça m’intriguait, moi.

Jusqu’à ce qu’ils s’élancent à toute vitesse sur leurs vélos pour s’envoler, très brièvement, dans les airs.

Et nous, les Morveux, d’essayer de les imiter, sans succès, rebroussant chemin à mi-pente. Rire généralisé des vieux.

Je voudrais bien vous y voir, vous ! Vous essaierez de faire mieux sur un tricycle !

On aurait probablement été plus rapides sur une draisienne !

Les vieux commencèrent à s’enhardir en éloignant les rampes l’une de l’autre, petit à petit; nos mâchoires de Morveux en firent autant.

Éric, l’Anglo de service – tout voisinage qui se respecte a le sien – a un vélo « à vitesses », lui. Ben tous les Anglos sont riches, ici… du moins ses parents.

Éric, injustement favorisé, s’élance. Mais alors là, une vraie fusée, le mec.

En plein vol, le voilà qui prend une tangente à l’horizontale, loin de la rampe descendante.

Atterrissage catastrophique. Il « glisse » interminablement sur les gravillons de la piste.

Cris de surprise sur fond de lamentations. On se précipite tous à ses côtés.

Il est légèrement sanguinolent sur tout son côté droit, Éric.

Les pompiers, premiers répondants, arrivent sirène hurlante.

Mais d’où ils sortent ? Probablement Charlotte. C’est toujours la faute des filles.

Immanquablement, le pompier sermonneur nous (les Morveux) repère et demande si on y est pour quelque chose.

Il disjoncte le mec ! Son sourire coquin désamorce notre juste indignation.

Tout le monde se précipite autour du camion des pompiers. Il est beau le camion. Vrai que c’est le seul du village, mais c’est quand même le plussssse beau de toute la Terre.

Une ambulance arrive quelques minutes plus tard. Éric est rapido embarqué.

… Reste les pompiers…

Mystère.

Les voilà qui foutent le feu aux rampes !

Non mais ! Ça va pas la tête ?!

Si les pompiers s’amusent à foutre le feu qui va les arrêter ???!!!

Éric ? Bah, il a passé l’été à l’hosto à se faire retirer les gravillons, quoi !

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